Le lumbago aigu est l’exemple type d’une douleur mécanique sévère.
a. Les symptômes
La douleur lombaire est soudaine, inattendue, localisée et violente. Elle paralyse le sujet dans la position où il se trouve. Elle provoque immédiatement une réaction de défense des muscles de la colonne lombaire, qui se contractent pour empêcher tout mouvement ultérieur.
Le sujet aura les plus grandes difficultés à se redresser, s’il y arrive, même aidé par d’autres personnes. Son seul souhait est d’atteindre au plus vite un fauteuil confortable, ou mieux, un lit, de trouver la position qui le soulage et de ne plus bouger même d’un millimètre. Pour ce faire, il marchera à petits pas, précautionneusement.
Si un nerf est comprimé, une douleur supplémentaire descendra vers la fesse, puis à l’arrière de la cuisse pour atteindre la jambe puis le pied, s’il s’agit du nerf sciatique. Quand le nerf crural est coincé, la douleur irradie vers l’avant de la cuisse, en suivant également le trajet du nerf. Ces douleurs nerveuses seront augmentées par les efforts de toux, d’éternuements ou de défécation mais soulagées par l’immobilisation en position couchée.
Bien sûr, la situation n’est pas toujours aussi désastreuse que dans cet exemple de lumbago sévère. Il existe des versions atténuées du mal de dos, mais dans tous les cas, la douleur persiste et pousse le sujet à interrompre ses activités pour aller se coucher.
| "Les douleurs lombaires aiguës sont très handicapantes" |
b. Les causes des douleurs
Le lumbago peut faire suite à un effort inhabituel pour soulever une lourde charge tout en effectuant une rotation du tronc, mais il peut aussi survenir lors d’un faux mouvement pour rétablir son équilibre comme lorsqu’on glisse sur un sol mouillé ou que l’on rate une marche d’escalier. D’autres fois, la douleur sera provoquée par un mouvement habituel et tout-à-fait anodin, par exemple sortir de sa voiture.
Deux cercles vicieux d’amplification de la douleur vont s’installer au moindre mouvement. D’une part, la douleur consécutive au mouvement va augmenter la contracture musculaire lombaire, avec pour résultat un écrasement supplémentaire des structures endommagées qui augmentera la douleur qui augmentera la contracture musculaire, etc. D’autre part, les tissus lésés libéreront des substances inflammatoires qui augmenteront la douleur. Le repos, dans une position confortable, ne peut être évité.
| "Rien ne permet de prévoir un lumbago" |
c. Impact psychologique
Il est difficile d’imaginer dans quels sentiments d’impuissance et de détresse se trouve le sujet victime d’un lumbago sévère, particulièrement si c’est la première fois. Toute une série d’idées lui passent par la tête, celle qu’il va rester désormais cloué au lit ou condamné à la chaise roulante, celle qu’il va devoir surveiller ses mouvements pour le restant de sa vie. Ce n’est pas vrai. Avoir été victime d’un lumbago n’empêche pas de déménager une armoire normande plus tard.
Mais les facteurs psychologiques interviennent dès le stade aigu de la maladie. La tension nerveuse, le stress et l’anxiété, accentuent les contractures musculaires. Ils amplifient la douleur. Ils créent un cercle vicieux supplémentaire :
douleur → insomnie → tension nerveuse → aggravation des douleurs →insomnie, etc.
| "Les facteurs psychologiques influencent la réponse du patient aux traitements et aussi le risque de récidive." |
d. Evolution du lumbago
La moitié des lombalgies mécaniques aiguës guérit en quelques jours. Après 6 à 12 semaines, le mal de dos a disparu chez 80 à 90 % des patients.
Mais après une lombalgie aiguë, il y a une chance sur trois pour que le mal récidive au cours des années qui suivent. La récidive n’est cependant pas la manifestation d’une aggravation de la lésion, elle est simplement le signe d’une fragilité acquise.
| "Une disparition complète des douleurs ne signifie pas que la lésion est guérie" |
On parle de lombalgies chroniques lorsqu’une douleur supportable mais handicapante, quasi quotidienne, persiste plus de 3 mois, sans tendance à l’amélioration. C’est le cas d’environ 10 % des patients, qui restent alors en arrêt de travail prolongé et parfois définitif. Les causes précises de la douleur lombaire chronique sont parfois difficiles à déterminer. Les lésions révélées par les examens ne correspondent pas à l’intensité de la douleur ressentie.
| "Il faut tout faire dès le début pour éviter que les douleurs deviennent chroniques" |
Mieux vivre avec le mal de dos, 2008
Harmonet C, Prévenir et guérir le mal de dos, 2007, Ed. Odile Jacob


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